Hub30 livre “On y va” : le feel-good francophone qui transforme le monde en horizon bleu
« Une onde chaude, un sourire qui s’ouvre, et cette pulsation qui dit simplement : avançons, ensemble. »
Il y a dans “On y va” cette manière rare de tenir la lumière entre les doigts sans jamais l’écraser — un geste simple, presque enfantin, qui pourtant ranime quelque chose d’essentiel dans un quotidien en perte d’oxygène. Hub30, solitaire de Bordeaux mais rêveur universel, fait de la pop comme on ouvre une fenêtre : pour laisser entrer l’air salin, les couleurs changeantes du lac marin, ce va-et-vient des vagues qui apaise autant qu’il bouscule. On entend tout cela dans sa musique, mais surtout on le ressent, comme si ses synthés éthérés avaient été rincés par le vent de l’Atlantique.
“On y va” porte bien son nom : c’est une invitation, un appel doux mais déterminé à reprendre souffle dans un monde saturé d’angoisse. Hub30 travaille seul, et pourtant on dirait qu’une foule murmure derrière lui, une foule invisible qui marche au rythme d’un cœur commun. Sa pop fluide se laisse traverser de petites étincelles reggae — un clin d’œil à Bob Marley, figure de paix et de désobéissance lumineuse — avant d’être rattrapée par une pulsation house discrète mais décidée, qui transforme la chanson en un espace de rassemblement, un lieu où l’on danse pour survivre, ou pour mieux aimer.
Son territoire, c’est celui de la simplicité assumée : mélodies accrocheuses, paroles directes, une écriture qui ne triche pas avec l’émotion. On pourrait croire à une facilité, mais c’est tout l’inverse : cette limpidité demande une précision presque artisanale. On devine l’ombre des Beatles, de Lennon surtout, dans cette manière de tendre vers l’utopie sans naïveté, de croire encore à la douceur quand tout semble pencher vers le chaos.
La production, elle, respire. Les synthés planent comme des reflets sur l’eau, les échos vaguement dub donnent une impression de mouvement, de dérive contrôlée, de flottement conscient. Chaque élément semble surgir d’un paysage intérieur — celui de Hub30, façonné par le sable, les planches de surf décorées, et les lumières obliques qui teintent le littoral de rose et de bleu.
Mais ce qui frappe surtout, c’est la fonction de la chanson : On y va est un petit manifeste de solidarité douce. Elle n’essaie pas de révolutionner le monde ; elle propose juste d’y avancer à deux, ou à mille, en se tenant mieux, en respirant plus large. Elle sent la main tendue, l’optimisme fragile mais tenace, l’élan vital qui rallume ce qui vacillait.
Une chanson qui n’impose rien mais qui emporte tout. Une onde claire dans un paysage saturé.
Un “On y va” qui ressemble à un début de promesse.
ByExtravafrench
Publisheddécembre 11, 2025